Biographie Bastard
Georges Bastard est né le 26 juillet 1881 à Andeville (Oise) ; son père était sculpteur-décorateur, continuant une longue tradition familiale de tabletiers. Après un stage de quatre années (1896-1900) à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, c'est dans l'atelier paternel qu'il revient s'initier à tous les secrets du métier et en particulier au travail de la nacre dont Andeville et quelques bourgs voisins groupent depuis des générations les artisans spécialisés.
Après avoir été le plus délicats des éventaillistes », Georges Bastard évolua vers un art plus austère et plus riche en moyens d'expression : bois précieux, nacre, ivoire, écaille, corne, pierres dures, cristal de roche, quartz, agate, jade, corail.
Boursier de l'Etat en 1905, Georges Bastard participa brillamment à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925 et à celle de 1937 ; il était sociétaire du Salon d'Automne, membre du Comité des Tuileries, l'un des membres fondateurs de I'U.A.M., membre du Comité de la Confédération des Travailleurs Intellectuels et de la Commission d'achat de l'Etat à la Direction des Beaux-Arts. Il prit part à toutes les grandes manifestations d'art décoratif tant à Paris qu'à l'étranger. Nommé en 1935 Directeur de l'Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Limoges et conservateur du Musée Adrien-Dubouché il devient, 1938, Directeur de la Manufacture Nationale de Porcelaine de Sèvres.
nombreuses oeuvres de Bastard figurent aux Musées des Arts Décoratifs, d'Art Moderne et au Petit Palais. Le 28 mars 1939, alors qu'il revenait d'une exposition à Lisbonne, où il s'était rendu en mission officielle, il trouva
la mort au cours d'un accident de chemin de fer dans lequel, Mme Bastard qui l'accompagnait fut grièvement blessée. Georges Bastard, Chevalier de la Légion d'Honneur en 1925, fut promu Officier en 1937.
En mars 1950 le Musée des Arts Décoratifs organisait une Exposition Rétrospective de l'oeuvre de Georges Bastard à laquelle figuraient, à cité des pièces sculptées, des dessins et aquarelles qui révélaient un aspect peu connu de la personnalité de l'artiste.
Bien que le nom de u tabletier » et la nature des matières employées évoquent généralement un art précieux où triomphe l'habileté, voire la virtuosité manuelle, Georges Bastard, ami de Despiau et de Dejean, dépasse souvent le stade de l'objet , malgré ces proportions minimes, pour atteindre à l'expression plastique de l'oeuvre sculptée.
Bien qu'il ait réalisé des bijoux : colliers, bracelets, bagues, boucles d'oreilles et naturellement toute une variété de délicats éventails ajourés, en corne et surtout en nacre irisée, qui évoquent la grâce compliquée et fragile de certaine flore sous marine, ses plus belles pièces, celles qui défieront les atteintes des modes et du temps, apparaissent dépouillées de tous ornements et d'une seule et merveilleuse pureté de volumes.
Parfois une intime collaboration s'établissait entre la matière et l'artiste les jaillissement r ou éclats du cristal de roche, les colorations et les transparences des cornes et des nacres, la dense et sensible matité des ivoires l'entraînaient dans une libre improvisation et il se laissait guider, inspirer par les rencontres proposées par la Nature.
Par un savant et souvent rude travail à la gouge, proche de celui du sculpteur, dégageait les rythmes
essentiels puis, se soumettant avec une sorte d'instinctif amour aux vertus originelles de la matière, par un nouveau travail, délicat et patient, il en exaltait les secrètes et presque vivantes beautés.


